lundi 18 mai 2009

Retomber dans ses vieux « patterns »

Il y a quelque temps, je reçois un appel d'une jeune femme :

« Bonjour. Mon nom est Natasha Dubé (nom fictif) et je suis la rédactrice en chef du magazine Oser (nom également changé). On cherche un réviseur pour notre publication jeunesse, laquelle paraîtra 4 autres fois durant l'année. C'est un contrat se terminant en 2010. Une conseillère en emploi du CJE (Carrefour jeunesse-emploi) m'a référé ton nom et m'a donné ton CV. Ton profil est très intéressant et je me demandais si ça pouvait t'intéresser...

- Ah ben vous êtes tombée sur la bonne personne ! que je m'exclame, toute excitée à la perspective d'avoir un emploi, même à la pige. Justement, je commençais à désespérer à seulement faire la mère au foyer. (Ça, je ne l'ai pas dit, bien sûr...)

- Un comité révise les textes et il est très exigeant. Ses membres veulent que ce soit impeccable et la réviseure qui a travaillé sur le premier numéro a reçu des critiques... On veut aussi que le travail respecte les délais, sans faute­. Tu aurais 4-5 jours pour corriger sur PDF. Tu aurais tes textes le 16 et tu devras les remettre le 19. La conseillère m'a dit que t'étais maman à temps plein alors je me demandais si ça pouvait poser problème...

- Ah mais je peux toujours m'organiser, vous savez ! J'ai du monde pour garder mon fils alors je pense que je pourrais y arriver... (En fait, j'ai la halte-garderie mais une journée par semaine et la santé de ma mère ne lui permet pas de le garder à tous les jours...)

- Et côté tarifs, qu'est-ce que tu demandes ?

- Heu... À vrai dire, je ne sais pas trop... Je n'ai jamais été réviseure pigiste... J'ai surtout été rédactrice...

- Nous on offre entre 400 et 550 par numéro... dépendamment du temps que ça prend. Est ce que ça te convient ?

- Oui, oui, aucun problème ! (Et comment ! Ça me paraît très appréciable, comme montant !)

- OK. Je vais en parler aux autres et je t'en redonne des nouvelles.

- OK !!! Tu m'écriras la date de tombée dans ton courriel, parce que sinon, je vais l'oublier (Eh, eh ! J'apprends des choses, du TDAH!)

- Bye bye !

- Bye ! »


Je raccroche, le coeur léger. Mais peu à peu, l'excitation fait place à la peur et à l'angoisse et je me demande :

« Ayant le TDAH, je devrais maintenant savoir que les jobs de détails, ce n'est pas pour moi ! À preuve, j'ai déçu énormément mon dernier employeur, à un point tel qu'il m'a foutu dehors ! Et j'occupais un poste de correctrice, justement ! »

« Et si je ne faisais pas la job à temps ? »

« Et si je me retrouvais avec un autre échec, très probable, d'ailleurs, comment je pourrais me regarder dans le miroir et être fière de moi, après ça ?!!! »

J'en parle à un de mes bons vieux copains du net et il me conseille de foncer, même si ça me mène à l'échec. Je trouve qu'il a raison.

Je me rends alors compte que je viens de retomber dans un vieux « pattern » : accepter des emplois qui ne me conviennent pas (Du moins, c'est ce que je pense.). C'est d'autant pire que je sais, maintenant, que j'ai le TDAH !!! Avant, comme je ne le savais pas, ça pouvait toujours passer mais là... Je suis sado-maso ou quoi ?!!! Cependant, c'est le test ultime : si ça ne fonctionne pas, je change de domaine !

Quelques jours plus tard, après m'avoir appelé pour me dire qu'on hésitait entre faire affaire avec un particulier (moi) ou une agence, on m'annonce que j'ai le contrat.

« Super !!! », que je pense (Et ce n'est pas de l'ironie).

Je mets toutes les chances de mon côté et je me prépare car je veux garder le contrat. Pour savoir comment corriger un PDF, j'enregistre un texte dans ce format et j'essaie les outils de correction. Après quelques tentatives, je constate que je me débrouille pas trop mal ! Je vais aussi voir l'exemple de corrections qu'a faites l'autre réviseure et que m'a envoyé Natasha.

Quelque temps après, un jeudi, Natasha m'envoit les fameux textes et je trouve qu'il y en a vraiment beaucoup... Mon angoisse refait surface : vais-je pouvoir tout remettre à temps ?

Ça tombe bien : je vais porter mon fils à la halte-garderie, le jeudi ! Je vais donc avoir une gardienne pour mon premier jour de correction ! Et le lendemain, je demanderai à ma mère ! (En espérant qu'elle ne soit pas malade!)

Jeudi, donc, tout se passe très bien. Je chasse toutes les sources de distraction possible et je m'attaque à l'ouvrage. Je travaille plus vite et je suis plus productive que je le pensais ! J'arrive à en corriger la moitié à l'écran.

Vendredi, ma mère est disponible. Je me discipline fort et ne me concentre que sur mon travail. J'en corrige presque... la totalité. Je dis bien « presque ». Puisqu'une tuile me tombe sur la tête. Évidemment. Ma souris fait la morte. J'ai beau redémarrer 3-4 fois mon ordi, le curseur ne veut pas bouger. Et il me reste 4 pages à corriger à l'écran ! Je rage! Je décide de les réviser sur papier, ainsi que les fautes que j'aurais pu laisser passer, et si je ne règle pas mon problème de souris, j'irai porter la copie papier à Natasha. Elle aura ainsi toutes mes corrections ! Direction : bibli. J'imprime le magazine et commence la correction papier.

Samedi, je me souviens que ma mère doit partir pour Ottawa pendant 2-3 jours ! Oh non ! Et mon chum qui doit faire des travaux dans notre maison ! Pas de gardienne pour mon fils ! Je décide donc de corriger pendant que le petit dort. Je finis cette deuxième correction chez moi. Ça se passe assez bien, malgré tout !

Dimanche, ma souris ne fonctionnant toujours pas, je pars en flèche au magasin pour la faire vérifier. Elle fait la morte encore là-bas. Donc, c'est vraiment elle, le problème, pas mon ordi. J'en achète alors une nouvelle.

De retour chez moi, je me dépêche de la brancher : ouf ! Mon curseur bouge ! Je pourrai entrer mes corrections à l'ordi !

Mon fils ne se comprenant plus, je décide de le coucher à 16h30. Je regrette aussitôt mon geste : plus je le couche tard, plus il se lève tard et plus je risque de faire mes corrections tard ! Je panique à cette pensée : « Vais-je avoir le temps de finir mon travail ?!!! » Rien n'est moins sûr.

Heureusement, il se réveille à 19h30 et à 21h30, je le recouche et ne l'entends plus. Je prends donc mon courage à deux mains et entreprends ma dernière étape de correction. À 2h30 du mat, je termine le tout et envoie ma version corrigée à Natasha.

Je retiens alors mon souffle, espérant la satisfaire...

samedi 4 avril 2009

Les pieds dans les plats

L'impulsivité est une caractéristique des attentionnels. Et je n'y échappe pas.

Tiens, ça me fait penser...


Il n'y a pas si longtemps, j'étais assise dans la cuisine, avec des amies, quand l'une d'elles lance :

"Ça m'a coûté 436 $ d'électricité à ma dernière facture !"

Je fais un rapide calcul : 200 et quelques dollars par mois. Cette constatation me révolte, moi qui me soucie tant de l'environnement (même si, en pratique, je ne suis pas nécessairement un modèle, à ma grande honte...). Évidemment, je ne peux m'empêcher d'en faire la remarque à ma copine :

"Ayoye ! ça te coûte ben cher ! C'est pas toi qui fais attention à l'environnement ? (C'est elle-même qui se dit écolo.)"

Le regard qu'elle me jette alors !

Je regrette aussitôt mes paroles mais, trop tard ! Elles sont déja sorties, comme tout droit de l'enfer !

Pourtant, je ne voulais pas l'accuser ni la critiquer : je voulais juste la taquiner ! Mais de la façon que ça a sorti, il y a de quoi se vexer !

Je me suis alors sentie mal toute la soirée !


L'autre fois où j'ai voulu disparaître dans le plancher, c'était à la réception qu'on avait organisée pour le baptême de mon fils. La petite fête s'étirait à sa fin et ma tante s'apprêtait à partir. Je lui placote un peu, entourée de mon chum et de mes parents :

"Encore merci d'être venue... J'aurais bien invité les autres, mais je me suis dit qu'ils habitaient loin et qu'ils travaillaient le lendemain. Mais comme t'es à ta retraite, j'ai pensé à toi..."

Maudite épaisse !!! C'est comme si je lui avais dit :

"Toi, on sait ben : t'as juste ça à faire, venir à des baptêmes ! Tu as en masse le temps ! Tu te tournes les pouces à (la) longueur de journée !"

Une chance qu'elle est partie à rire ! J'étais assez mal à l'aise comme ça, merci !

J'ai essayé de m'en sortir, bafouillant des :

"Ben, je voulais pas dire que... Ben, tu sais ce que je voulais dire..."

Tout ça, sous les yeux de ma famille ! J'aurais voulu mourir !


Le pire, c'est que ces situations ne sont que quelques gouttes dans l'océan de ma bêtise ! Que quelques infimes gouttelettes dans une mer d'ignominies, de choses niaiseuses, inutiles et embarrassantes !

Toute ma vie a été marquée par ces paroles et gestes honteux ! Alors, au fil du temps, j'ai décidé de me taire. Je me suis repliée sur moi-même comme une huître. Je me suis faite toute petite, quitte à ce qu'on ne me voit pas et qu'on me confonde au mur. Après tout, un mur, ça ne parle pas ! Et si j'ai à parler, j'essaie d'en dire le moins possible. Le comble, c'est que je trouve quand même le moyen de me mettre les pieds dans les plats !





dimanche 29 mars 2009

Apprécier ce que l'on a

L'autre jour, je suis assise au resto avec des amies et chacune y va de ses problèmes :

- Je ne suis pas patiente avec ma fille, le soir, lorsque je reviens de travailler... Déja qu'il faut que je sois patiente a job, avec les personnes âgées ! (Elle c'est Mélanie, elle est préposée aux bénéficiaires.) Cette semaine, j'en ai pogné une qui était assez spéciale, merci !

- Moi, je commence a être écoeurée d'étudier ! (Elle c'est Anabelle, elle étudie pour être médecin.)

- Mon chum avait les deux yeux sortis de la tête quand je lui ai dit que ce serait mieux de prendre des médicaments pour la malaria ! (Voici Viviane, elle s'en va dans le Sud, avec son chum violent)

A un moment donné, je me dis :

- Au lieu de me torturer l'esprit avec ce que je n'ai pas, pourquoi ne pas apprécier ce que j'ai ?

Oui, j'ai le TDAH, et avec lui, des difficultés relationnelles et dans le travail. Mais j'ai aussi un magnifique petit garçon de 19 mois qui a la chance d'être avec sa maman a tous les jours (je suis mère a la maison). Il est en santé, en plus, et intelligent. J'ai aussi un chum qui m'aime (enfin, je pense) et qui est dévoué et travaillant. J'ai des amies de longue date avec lesquelles je peux être moi-même sans avoir peur d'être jugée. Oui, je suis pauvre et pas a la mode. Mais je suis créative et j'ai un tas de bonnes idées et j'ai un tempérament d'enfant (et croyez-moi, c'est une bonne chose, dans le monde d'aujourd'hui!)

Le travail ne devrait pas être tout, dans la vie. Enfin, ce n'est pas juste ça ! Que fait-on de la santé, de l'amitié, de l'amour, de la spiritualité, des relations parents-enfants ? Que fait-on du beau temps, d'une bonne tasse de café, d'une carte d'anniversaire, d'un gentil mot, des conversations sur tout et rien ?

Pas grand-chose, a ce que je vois, si l'on tient compte de la première question que l'on pose a quelqu'un, après qu'on l'ait salué :

- Et puis, qu'est-ce que tu fais de bon ces temps-ci (ou dans la vie, c'est selon) ?

Ce qui sous-entend :

- Qu'est-ce que tu fais comme travail intéressant et bien rémunéré, comme poste qui te valorises a mes yeux, mais surtout, aux yeux de la société, qui démontre toute ta valeur et ton importance ?

Quand on m'a posé cette question, la dernière fois, vous auriez dû voir la face de mon interlocutrice quand j'ai répondu, vaguement :

- Ah... je m'occupe de lui (en pointant mon fils dans sa poucette)... et a part ça, je ne sais pas ce que je vais faire (ce qui était la stricte vérité et venait du fond du coeur)

Elle m'a alors regardée comme si j'étais une extra-terrestre, avec l'air de dire :

Mais d'ou sort-elle donc ? Pourquoi n'a t-elle pas plus d'ambition que ça ? Comme elle n'est pas intéressante !

Elle m'a lancé un :

Ah, ouin !

lourd de sous-entendus (dont je devine le contenu peu flatteur).

Mais, probablement que sa vie n'est pas mieux que la mienne, après tout. Seulement, elle voulait aller aux nouvelles, comme on dit, chercher l'accro a mon existence, sûrement pour se rassurer sur la sienne.

Mais plus ça va et plus je me fous de tout ça, plus j'apprécie ce que j'ai !

Au fond, c'est peut-être ça, la maturité !

samedi 21 mars 2009

Sauter dans le vide

Il n'y a pas si longtemps, j'ai lu un livre qui m'a fait réfléchir. Il s'intitulait Plus loin. Ce roman québécois met en scène deux jeunes qui décident de tout quitter pour partir à l'aventure, sur le pouce. Leur destination ? Plus loin, qu'ils répètent inlassablement à leurs lifts. Ceux-ci sont d'ailleurs très diversifiés, allant d'un groupe de spirituels à une jeune famille, en passant par des hippies. Hauts en couleur, ces personnages reflètent bien la société, avec ses joies et ses peines, ses rêves et ses déceptions, ses côtés lumineux comme un peu plus sombres.

La spiritualité imprègne beaucoup le périple de David et Marie, les deux "pouceux". Un de leurs lifts m'a d'ailleurs marqué par ses propos. En gros, il disait qu'il fallait vivre l'instant présent comme si c'était le dernier et agir, plutôt qu'attendre. À notre époque, ce message circule abondamment, surtout dans les ouvrages de psycho-pop, qui n'ont jamais été aussi populaires ! Parallèlement, bon nombre de personnes tombent comme des mouches devant les exigences qui leur sont imposées.

Je me demande donc :

"Vivons-nous chaque instant comme si c'était le dernier ? Agissons-nous au lieu d'attendre ?"

Si la réponse à ces deux questions est "oui", pourquoi tant de détresse ? Force est d'admettre que nous nous sommes sans doute tromper.

Moi je vais vous dire : je rêve de deux choses dans la vie. Voyager, et gagner ma vie comme artiste, puisque c'est ma nature profonde. J'ai partiellement réalisé le premier. Reste le second.

Vous savez quoi ? J'ai envie de me gâter pour mes 30 ans, de m'offrir un cadeau exceptionnel, hors de l'ordinaire ! Vous savez quoi, encore ? J'ai envie de prendre mes économies pour payer une gardienne à mon fils et de consacrer des journées entières à l'écriture.

Ça vous paraît fou ? Et alors ? Ça vous paraît risqué ? Et puis après ? Qu'ai-je à perdre, moi qui ai déjà tant perdu, dans la vie !

Je vais vous confier un secret : les attentionnels, plus que quiconque, adorent le vide, y plonger les deux pieds dedans et ne pas savoir ce qui les attend, en bas. Vous comprenez, c'est le trill !!! Le challenge !!!

Eh bien oui : j'ai une envie folle, celle de prendre plusieurs mois, voire une année entière, à l'écriture de romans, de poèmes, de scénarios ! À la fin de ma période d'écriture, j'enverrai le tout aux éditeurs, en espérant qu'ils me publient ! À défaut de quoi, j'aurai au moins tout tenter pour réaliser mon rêve !

samedi 28 février 2009

Les signes

Souvent on se pose des questions sur notre destin, sur notre voie à suivre, sur les choix que nous devrions faire. On peut ainsi passer des jours, des semaines, voire des mois paralysé, à hésiter, à ne pas agir, de peur de se tromper.

Les attentionnels sont, paraît-il, des êtres très intuitifs. Et je le crois. Moi-même, de plus en plus, je fonde mes décisions sur mon intuition, ma petite voix, mes sentiments. De cette façon, si je me sens bien face à telle décision, je la prends. Je veux dire par là, si je me sens légère et pleine d'énergie. Mais si, au contraire, je me sens mal, étouffée, inconfortable à l'idée de prendre telle décision, eh bien, je ne la prends tout simplement pas !

Il y a aussi les signes qu'il faut surveiller. Viennent-ils de mon inconscient, d'une puissance supérieure, de Dieu ? Je n'en sais rien. Ce que je sais, en revanche, c'est que ceux-ci nous indiquent bien souvent la voie à suivre. C'est un peu un complément de nos sentiments, ce qui vient les valider. Ce sont des événements extérieurs qui, pris isolément, ne veulent rien dire mais qui, mis bout à bout, prennent un sens tout particulier et viennent même apporter une réponse à une question que l'on se pose depuis longtemps !

Par exemple, il n'y a pas si longtemps, je me demande où est ma place sur le marché du travail. Comme j'aime la psychologie et les relations humaines depuis toujours, je pense m'inscrire en éducation spécialisée. Mais voilà : je ne peux assister aux cours, comme vous le savez déjà (voir blog Dur pour l'estime de soi !). Un signe ?

Après, je m'inscris en adaptation scolaire, profil secondaire-adulte. Je m'interroge sur la pertinence de mon choix. Hors, quand je veux aller à la bibli (qui se trouve dans une polyvalente) et que j'y vois des ados, je prends aussitôt la poutre d'escampette, comme si j'avais vu des extra-terrestres ! Je me dis alors : mais comment vais-je faire pour être en relation avec eux à longueur de journée ?! Un autre signe ?

Plus tard, je veux m'inscrire en travail social mais un message apparaît sur mon écran, me disant que je ne peux pas faire de demande d'admission à plus d'un programme ! Un signe, sûrement.

Une autre fois, je pense m'inscrire en éducation à l'enfance et je doute de mon intention. Quelques jours plus tard, je me surprends à crier après mon fils et à penser à le laisser à son père pour toujours, tellement je suis découragée ! Conclusion : si je peine à m'occuper d'un seul enfant, qu'est-ce que ce serait, tout un groupe ! Encore un signe.

Et puis, il y a tous ces moments, quand je m'y attends le moins, où des idées de textes affluent, surgies de nulle part... Et ces fois où je préfère flâner pour lire et écrire que passer chez la couturière ou faire l'épicerie... Serait-ce le signe que ma place est là ?

Quand je parle de signes, c'est de cela dont je parle : de toutes les embûches qu'on peut croiser sur son chemin, de tous les bâtons qui semblent se mettre dans nos roues, de tous les obstacles qui semblent vouloir nous empêcher d'atteindre nos objectis. Ces signes-là ne sont pas là pour rien : ils nous aident à y voir plus clair dans nos vies, quitte à prendre une toute autre direction ! Mais nous ne voulons souvent rien voir, peur que nous avons de l'inconnu et de l'insécurité.

samedi 21 février 2009

Joindre les rangs... pourquoi ???

Voilà, c'est fait : je me suis inscrite en adaptation scolaire. Si vous aimez mieux, orthopédagogie.

Comme le TDAH a mené toute ma vie, pourquoi ne pas m'en servir pour aider les autres ? Plus ça va et plus je m'intéresse au potentiel surprenant et extraordinaire des attentionnels. Je me suis donc demandée comment je pourrais étudier ce trouble d'apprentissage spécial, comment je pourrais gagner ma vie confortablement dans ce domaine. C'est là que l'idée de l'orthopédagogie a fait son chemin, d'autant plus que le secteur affiche d'excellentes perspectives d'emploi ! Il paraît que les employeurs approchent même les étudiants dès leur première année d'études !

Oui, c'est vrai : je me serais peut-être davantage vue informer les gens que les aider. Mais l'insécurité me fait peur, en particulier l'insécurité financière, encore plus depuis que j'ai un enfant ! L'ortho s'est alors avérée toute désignée pour apaiser ma peur, tout en me permettant de me former dans un domaine qui m'intéresse. Bah... oui. Je l'avoue. J'aimerais "entrer" dans le rang. Faire une job normale, être salariée, ne pas avoir peur de manquer d'argent.

Parfois, et de plus en plus souvent, même, à force de vouloir "entrer" dans le rang, je me dégoûte. Oui, oui, je me dégoûte ! Je n'aurais jamais pensé ça : être dégoûtée de ressembler aux autres. Que c'était mieux d'être attentionnel. Que c'était mieux d'être différent, moi qui ai toujours associé la différence au harcèlement et au rejet. Que l'originalité avait plus de valeur que la conformité.

Mais plus le temps passe et plus je me dis que c'est plate être comme la masse, que les gens en général n'apportent rien de nouveau à ce monde. Normal : ils suivent le troupeau à l'aveuglette, sans se poser de questions ! C'est peut-être pour ça qu'il a autant de burn-out et de dépressions ! On peut bien trouver la vie terne et ennuyante si on ne lui apporte jamais sa touche unique, personnelle, son regard neuf ! En effet, la plupart se contentent de faire des études pratiques, et de choisir rapidement un travail, en autant qu'il soit "acceptable", pour s'acheter autos, maison, chalet, piscine et de fonder une famille avec deux enfants, tout en menant une petite vie rangée avec fonds de pension et de retraite en vue, en attendant que la mort vienne les chercher et mette un terme à cette existence vide de sens.

Ouin ! Tant qu'à ça, j'aime aussi bien être attentionnelle, avec toutes ses aventures et ses intensités, ses débordements et ses coups de blues, ses oublis et ses erreurs, ses tics et ses névroses ! Car si ce n'est pas ça, la vie, je me demande bien ce que c'est ! Ce n'est certainement pas ce que connaissent les gens "normaux". La preuve : il n'y a jamais eu autant de maladies mentales, d'endettement et de faillites personnelles, de pertes d'emploi et de suicides !

Avoir une job "normale" n'assure même plus l'avenir ! Peut-être parce que, justement, la société ne veut pas changer sa manière de vivre et de penser ! Et qui de mieux placés que les attentionnels pour amorcer ce changement, eux qui ne font jamais comme les autres, qui tendent à penser "hors du cadre"et qui ont une imagination et une créativité débordantes ?!!!

mardi 10 février 2009

Quand la journée commence mal

Il y a des jours qui commencent mal. Hier a été une de ces journées.

Voyant la glace qui recouvre les alentours et Will qui est pleurnichard, je décide d'aller chez mes parents. Ça me changera de décor, et mon fils en aura plus grand à mettre à l'envers !

Après avoir préparé son sac et nous être habillés, je m'engouffre dans l'auto et je pars. Quelques kilomètres plus loin, je constate que j'ai oublié de fermer la télé.

"Ah et puis tant pis ! Elle restera allumée toute la journée ! Ça me tente pas de tourner de bord ! " que je me dis.

Bien sûr, la culpabilité m'envahit : dépenses énormes d'électricité en vue et mauvais geste pour l'environnement ! Mais j'ai trop hâte d'arriver chez mes parents, d'autant plus que je compte me laver et travailler sur un projet d'écriture. Il faut que je me depeche, si je veux avoir le temps de tout faire ! J'enfonce donc l'accélérateur et je m'en vais, faisant mon petit bonhomme de chemin.

À ma droite, j'aperçois soudain une voiture de police, en attente de récalcitrants. Aussitôt que je passe à sa hauteur, elle allume les phares.

"Mais qu'est-ce que... ? Mais bon dieu ! Elle coure après moi ! Qu'est-ce que j'ai fait ? Je ne roulais même pas vite !"

Je ne me range pas tout de suite sur le bord de la route : je veux trouver un endroit plus approprié, un stationnement, par exemple.

"Elle doit penser que je fais un délit de fuite ! que je me dis, exaspérée. Oui, oui, je vais arrêter, relaxe ! Tiens, ce stationnement fera l'affaire."

Je me range donc et j'attends, frustree, que le policier débarque de sa voiture pour venir me voir.


- C'est ça, vous êtes en manque de ticket ! que je lui balance, en guise de bonjour.

- C'est ça... Vous savez pourquoi je vous arrête ? qu'il lance, bête comme ses pieds.

- Mais j'allais même pas vite !

- Vous rouliez à plus de 70 km/h dans une zone de 50, qu'il m'annonce.

- Il y en a qui roulent bien plus vite que moi ! que je me défends.

- Et on les arrête, aussi. Mais là, c'est sur vous que je tombe. Avez-vous votre permis ?


Je farfouille dans mon sac à main, nerveuse, et un éclair de panique me traverse : je ne le trouve pas ! Je tasse fébrilement le paquet de cartes que je possède et je tombe... sur mon ancien permis ! Ah non ! Il n'est plus bon ! Il faut que je trouve mon dernier ! Vite, vite, vite ! Je le sens s'impatienter et s'inquiéter !

Ah ! Enfin ! Le voilà ! Je le lui tends rapidement.


- Avez-vous votre numéro d'enregistrement ? (comprendre, immatriculation)

Je replonge la main dans mon sac, tout aussi nerveuse.

"Pourvu que je le trouve ! Telle que je me connais, j'ai bien pu l'égarer ou le jeter par erreur !"

Je le trouve, avec soulagement.

- Merci.


Il repart vers son véhicule, sans un mot. Je dois attendre.

Je me tourne vers mon fils et lui dis :

"Ça, Willi, ça s'appelle un chien, un cochon."

Il me regarde en souriant.

- Heille ! Comme je suis délinquante ! Je roulais seulement à 20 km/h au-dessus de la limite permise ! En plus, je roule toujours à cette vitesse et je me fais constamment coller ! Ce n'est vraiment pas juste ! C'est excessif !

En guise de réponse, Will lance :

- Sale !

- Oui, Willi, t'as raison, la police, c'est sale ! C'est un chien sale !

Il part à rire.

Je ris également, aussitôt envahie de culpabilité.

"Je n'aurais jamais dû lui dire ça ! Quelle mère indigne, je fais ! Quelle mauvaise mère, je suis !"

Après ce qui me semble un temps interminable, le gros bourru revient :


- Ça va vous coûter 110 $ et 2 points de démérite. Vous avez 30 jours pour payer ou pour contester.

- Ok.

- En tout cas, bonne journée quand même.


Je ne réponds pas et lui monte la vitre dans la face. Non mais... faut le faire ! Il me donne un ticket et me souhaite bonne journée ! Après ça, faudrait que je sois de bonne humeur ! Non, je ne peux être de bonne humeur, pas après un tel début de journée. C'est de ma faute, aussi ! Si j'avais été moins pressée et moins perdue dans mes pensées, jaurais fait plus attention !