2) En économie :
- Exiger des gens riches qu'ils donnent un certain pourcentage de leurs revenus à l'impôt (par vérification d'inspecteurs) et leur interdire l'utilisation de paradis fiscaux (par des enquêtes, amendes et peines d'emprisonnement);
- Supprimer le libre-échange au profit d'un commerce plus régional afin de stimuler l'économie de chez nous et d'être moins dépendants de l'économie mondiale;
- Rétrécir grandement l'appareil gouvernemental pour ne garder que les décideurs, vérificateurs et principaux administrateurs;
- Maintenir uniquement le système d'assurance-maladie pour les plus démunis (handicapés physiques et mentaux, enfants, personnes âgées, pauvres, sans abris et personnes ayant des troubles mentaux).
3) Dans le domaine politique :
- Redonner vie aux églises en les transformant en lieu de rassemblements. On pourrait ainsi y organiser des assemblées pour définir les orientations des villes et villages dans tous les secteurs. Les gens seraient amenés à y faire des propositions, lesquelles seraient votées par les villageois et citoyens et applicables par les élus locaux;
- Abolir le système des partis pour lui préférer les individus et leurs idées.
4) Dans les services sociaux :
- Les églises pourraient également servir de parcs intérieurs pour les touts-petits. Particulièrement utiles en hiver, ils permettraient aux parents et jeunes enfants de 0 à 5 ans de socialiser et de s'occuper à faible coût. Les bâtiments seraient divisés en aires de jeux selon l'âge;
- Créer plus de centres d'aides pour les hommes.
5) Dans le milieu médiatique :
- Interdire la pub superficielle et inutile, pour la remplacer par de la pub intelligente, axée sur l'économie locale et des valeurs spirituelles et communautaires.
6) Au niveau de l'écologie :
- Supprimer, ou du moins limiter, la vente d'automobiles et les moyens de transport polluants, et encourager, par de l'aide financière, la production de véhicules écologiques.
7) Dans la santé :
- Prioriser, par de l'appui financier, la médecine naturelle et préventive, au détriment de la médecine curative (surtout pour les troubles mineurs).
Dans ce blogue, vous en apprendrez davantage sur le TDAH (trouble déficitaire de l'attention avec/sans hyperactivité), qui est, à mon avis, plus une différence qu'un déficit. À travers mon quotidien d'attentionnelle et sous forme de chroniques, je vous ferai découvrir un univers bien particulier, que partagent seulement 4% des gens.
lundi 26 janvier 2009
mardi 20 janvier 2009
Si j'étais en politique... (1ère partie)
L'élection de Barack Obama comme premier président noir des États-Unis donne de l'espoir. Oui, de l'espoir en l'homme, en l'humanité et en la politique. Il est clair que les Américains avaient envie d'un changement majeur à la tête de leur gouvernement et ce changement est maintenant rendu réalité en ce jour d'investiture d'Obama (20 janvier 2009). Ce moment historique me donne aussi l'envie de suivre dorénavant la politique et peut-être, même, de m'y impliquer un jour.
On dit d'ailleurs que les attentionnels sont des visionnaires, des novateurs, des gens qui pensent autrement. Des gens faits pour la politique, quoi. Il y a des jours où je me verrais diriger une ville, une province, mais pas pour faire comme les autres. Non, j'aimerais m'engager pour virer à l'envers toute la société québécoise !
Tout cela, dans le but :
- De favoriser l'autonomie des citoyens au lieu de l'intervention de l'État;
- D'abolir les structures administratives lourdes et inutiles;
- De développer l'économie locale plutôt que mondiale;
- De créer un enrichissement collectif et spirituel;
- De rendre la province plus écologique et en santé.
Ainsi, je proposerais :
1) Dans le domaine du travail :
- D'abolir le système de l'éducation pour le remplacer par l'auto-apprentissage;
- De supprimer l'exigence des diplômes comme critère d'embauche pour miser davantage sur la motivation, les qualités des candidats et les connaissances acquises (par la télé, Internet, les expériences de vie, etc.)
- De vérifier rigoureusement, par des enquêtes, des tests d'aptitudes et de personnalité, la capacité de travail des assistés sociaux et de les intégrer au travail selon leur profil d'employabilité;
- De créer et de faciliter l'accès aux programmes de prêts et de subventions pour la mise sur pied d'entreprises;
- De reconnaître la reconnaissance des acquis des immigrants pour les différents corps de métier;
- D'obliger toutes les personnes aptes au travail à produire des déclarations de revenus et de les vérifier.
On dit d'ailleurs que les attentionnels sont des visionnaires, des novateurs, des gens qui pensent autrement. Des gens faits pour la politique, quoi. Il y a des jours où je me verrais diriger une ville, une province, mais pas pour faire comme les autres. Non, j'aimerais m'engager pour virer à l'envers toute la société québécoise !
Tout cela, dans le but :
- De favoriser l'autonomie des citoyens au lieu de l'intervention de l'État;
- D'abolir les structures administratives lourdes et inutiles;
- De développer l'économie locale plutôt que mondiale;
- De créer un enrichissement collectif et spirituel;
- De rendre la province plus écologique et en santé.
Ainsi, je proposerais :
1) Dans le domaine du travail :
- D'abolir le système de l'éducation pour le remplacer par l'auto-apprentissage;
- De supprimer l'exigence des diplômes comme critère d'embauche pour miser davantage sur la motivation, les qualités des candidats et les connaissances acquises (par la télé, Internet, les expériences de vie, etc.)
- De vérifier rigoureusement, par des enquêtes, des tests d'aptitudes et de personnalité, la capacité de travail des assistés sociaux et de les intégrer au travail selon leur profil d'employabilité;
- De créer et de faciliter l'accès aux programmes de prêts et de subventions pour la mise sur pied d'entreprises;
- De reconnaître la reconnaissance des acquis des immigrants pour les différents corps de métier;
- D'obliger toutes les personnes aptes au travail à produire des déclarations de revenus et de les vérifier.
lundi 12 janvier 2009
Visite, quand tu me stresses
Je déteste recevoir de la visite ! Pas parce que je suis sauvage, non, bien que j'aime ma solitude. Je déteste la visite parce que ça me stresse. Je pense alors à tout ce qui m'attend et ça me décourage ! Mon chum m'aide pourtant, mais rien à faire : j'ai les nerfs en boule...
Prenez dimanche dernier. On reçoit à dîner le beau-père et le beau-frère. Quand Michel me dit ça, la veille, je me mets un masque de bonne humeur sur la face.
Ah oui ! Quelle bonne idée !
Mais en dedans, je sens l'angoisse monter. Recevoir = faire le ménage, un gros repas, la vaisselle de la veille, me mettre sur mon 36 et tout ça, avec un jeune enfant qui demande constamment de l'attention ! Recevoir signifie également, bien souvent, des tensions entre moi et mon chum. On est stressé, on est pressé, on devient impatient et nerveux et le ton monte.
Dimanche matin, donc, le stress m'accompagne à mon réveil. À penser à tout ce qui m'attend, je suis découragée ! Je me dis :
"Il va falloir laver les planchers et toute cette vaisselle qui traîne... ouf !Je ne suis pas sortie du bois !"
Après y avoir bien pensé, je décide de ne pas les nettoyer, justement, ces satanés planchers ! De toute façon, je les ai lavés il y a 1 semaine, il ne faut pas virer fou ! Et pour la vaisselle, je peux seulement en faire une partie. Juste à cette idée, je me sens tellement plus légère !
Je me mets à la tâche. Je commence à faire la vaisselle mais Michel arrive de sa nuit de travail et me dit :
- Je pourrais faire la vaisselle pendant que tu fais le ménage ?
- Ok, ouin, c'est une idée.
J'accepte la proposition, me disant que ce n'est pas ça qui va faire baisser ma nervosité !
Je mets Willi dans son parc. Comme ça, j'aurai (plus ou moins) la paix pour faire mes tâches et je ne l'aurai pas dans les jambes. Il met son nez partout et je n'ai pas le temps de le changer toujours de place !
Je m'attaque à la salle de bain, puisque c'est la pièce la plus salle. Je nettoie le lavabo, ça va bien, je fais ça en deux temps trois mouvements.
Je passe au bain : maudit que j'haïs laver le bain ! C'est tellement long et il y a plein de coins et de recoins ! J'astique le robinet, les murs, le pourtour, le dedans, le dehors... C'est encore sale ! C'est bien trop sale ! Crime que je suis poche dans le ménage ! Et l'heure qui tourne, vite ! Faut que je me dépêche !
Une éternité plus tard, il me semble, je suis assez satisfaite. Je termine avec la toilette. Là aussi, ça va bien.
Je décide de passer un coup de chiffon sur le meuble de l'ordi, la télé et le bord de la fenêtre du salon. Willi me regarde, babillant. Une chance qu'il est tranquille ! Sinon, j'aurais vraiment les nerfs à vif !
- Maudit que j'haïs faire le ménage !
- Ça va pas ben ! me répond Michel.
- T'aimes ça, toi, faire le ménage ?
- Pas ben ben.
- Bon.
- Je vois toujours de la saleté partout, même quand ça fait 15 fois que je nettoie à la même place !
- T'as juste à en faire un peu à chaque jour !
- Comme si j'ai juste ça à faire, du ménage, avec Will !
- Tu peux sûrement trouver 5-10 minutes, je peux pas croire !
Ah, lui ! Il voudrait que je sois Miss Ménage ! Il voudrait que je sois la parfaite petite femme au foyer des années 50 ! Eh bien, désolée de te décevoir, mon chéri, mais je ne suis pas, et ne serai jamais, une telle femme !
Pensant avoir fini mon époussetage, je remarque des taches sous la fenêtre. Ah ! Moi qui pensais être prête pour le balai ! Je frotte, frotte et refrotte et... ça ne veut pas partir !!! Évidemment, il faut que ça arrive alors qu'on reçoit de la visite ! Ma pression commence à monter ! Je remets du Fantastik sur mon chiffon mouillé et je frotte de toute mes forces, quitte à décaper le mur : il faut que ça soit propre !!!
Bon, enfin, je peux passer le balai !
Avant de commencer, je jette un coup d'oeil à Will en passant. Gaffe à ne pas faire ! Le voilà qui commence à pleurer. Ah non !
Je me jette sur le balai à grands coups rapides pour que ça aille plus vite. Balaie, balaie, balaie !
Ouiiinnnn !
Ah qu'il est fatigant, celui-là ! Il ne fait que me stresser encore plus !
Vite ! Après ça, il faut que j'aille me changer et me maquiller et me coiffer ! Tout ça, accompagnée des pleurs de Will !
Y a pas à dire : ça me stresse ben trop, recevoir !
Prenez dimanche dernier. On reçoit à dîner le beau-père et le beau-frère. Quand Michel me dit ça, la veille, je me mets un masque de bonne humeur sur la face.
Ah oui ! Quelle bonne idée !
Mais en dedans, je sens l'angoisse monter. Recevoir = faire le ménage, un gros repas, la vaisselle de la veille, me mettre sur mon 36 et tout ça, avec un jeune enfant qui demande constamment de l'attention ! Recevoir signifie également, bien souvent, des tensions entre moi et mon chum. On est stressé, on est pressé, on devient impatient et nerveux et le ton monte.
Dimanche matin, donc, le stress m'accompagne à mon réveil. À penser à tout ce qui m'attend, je suis découragée ! Je me dis :
"Il va falloir laver les planchers et toute cette vaisselle qui traîne... ouf !Je ne suis pas sortie du bois !"
Après y avoir bien pensé, je décide de ne pas les nettoyer, justement, ces satanés planchers ! De toute façon, je les ai lavés il y a 1 semaine, il ne faut pas virer fou ! Et pour la vaisselle, je peux seulement en faire une partie. Juste à cette idée, je me sens tellement plus légère !
Je me mets à la tâche. Je commence à faire la vaisselle mais Michel arrive de sa nuit de travail et me dit :
- Je pourrais faire la vaisselle pendant que tu fais le ménage ?
- Ok, ouin, c'est une idée.
J'accepte la proposition, me disant que ce n'est pas ça qui va faire baisser ma nervosité !
Je mets Willi dans son parc. Comme ça, j'aurai (plus ou moins) la paix pour faire mes tâches et je ne l'aurai pas dans les jambes. Il met son nez partout et je n'ai pas le temps de le changer toujours de place !
Je m'attaque à la salle de bain, puisque c'est la pièce la plus salle. Je nettoie le lavabo, ça va bien, je fais ça en deux temps trois mouvements.
Je passe au bain : maudit que j'haïs laver le bain ! C'est tellement long et il y a plein de coins et de recoins ! J'astique le robinet, les murs, le pourtour, le dedans, le dehors... C'est encore sale ! C'est bien trop sale ! Crime que je suis poche dans le ménage ! Et l'heure qui tourne, vite ! Faut que je me dépêche !
Une éternité plus tard, il me semble, je suis assez satisfaite. Je termine avec la toilette. Là aussi, ça va bien.
Je décide de passer un coup de chiffon sur le meuble de l'ordi, la télé et le bord de la fenêtre du salon. Willi me regarde, babillant. Une chance qu'il est tranquille ! Sinon, j'aurais vraiment les nerfs à vif !
- Maudit que j'haïs faire le ménage !
- Ça va pas ben ! me répond Michel.
- T'aimes ça, toi, faire le ménage ?
- Pas ben ben.
- Bon.
- Je vois toujours de la saleté partout, même quand ça fait 15 fois que je nettoie à la même place !
- T'as juste à en faire un peu à chaque jour !
- Comme si j'ai juste ça à faire, du ménage, avec Will !
- Tu peux sûrement trouver 5-10 minutes, je peux pas croire !
Ah, lui ! Il voudrait que je sois Miss Ménage ! Il voudrait que je sois la parfaite petite femme au foyer des années 50 ! Eh bien, désolée de te décevoir, mon chéri, mais je ne suis pas, et ne serai jamais, une telle femme !
Pensant avoir fini mon époussetage, je remarque des taches sous la fenêtre. Ah ! Moi qui pensais être prête pour le balai ! Je frotte, frotte et refrotte et... ça ne veut pas partir !!! Évidemment, il faut que ça arrive alors qu'on reçoit de la visite ! Ma pression commence à monter ! Je remets du Fantastik sur mon chiffon mouillé et je frotte de toute mes forces, quitte à décaper le mur : il faut que ça soit propre !!!
Bon, enfin, je peux passer le balai !
Avant de commencer, je jette un coup d'oeil à Will en passant. Gaffe à ne pas faire ! Le voilà qui commence à pleurer. Ah non !
Je me jette sur le balai à grands coups rapides pour que ça aille plus vite. Balaie, balaie, balaie !
Ouiiinnnn !
Ah qu'il est fatigant, celui-là ! Il ne fait que me stresser encore plus !
Vite ! Après ça, il faut que j'aille me changer et me maquiller et me coiffer ! Tout ça, accompagnée des pleurs de Will !
Y a pas à dire : ça me stresse ben trop, recevoir !
dimanche 28 décembre 2008
Mais où donc ai-je la tête ?!!!
Dans le temps des Fêtes, mes parents, mon chum, mon fils et moi sommes allés à Montréal, voir ma parenté.
Dans l'auto, Michel me demande :
- As-tu amené les souliers du petit ?"
- Euh... non...
- ... (air de mécontentement)
- De toute façon, ils sont trop petits.
- Trop petits ! Me semble, ouin...
Il faut bien que je trouve une excuse à ce geste honteux ! Mes parents ne disent rien, en fins diplomates qu'ils sont. On ne reparle pas de ça de tout le trajet et le voyage s'avère, somme toute, assez agréable.
On arrive enfin à la soirée. 4h de route dans le corps, c'est long ! On fait les salutations d'usage, on se déshabille et on se mêle à la foule ! Au menu, un buffet.
Au moment de souper, mon chum me lance :
- Vas-tu aller chercher de la bouffe pour Willi ?
- Ok !
Je me dirige vers le buffet avec mon assiette et je me place dans la file d'attente. Le cuisinier me demande quelle cuisson je veux pour ma viande. L'eau me dégouline à la bouche. J'ai faim ! Je n'ai qu'une idée en tête : manger ! Je me sers de la salade, une patate au four, des légumes, toute éblouie par cette nourriture.
Je retourne à ma table.
Mon chum s'amène et m'assomme d'un :
- T'as pas pris une assiette pour Will ?
- Ben je pensais le servir à partir de mon assiette !
Il soupire de découragement, et continue :
"Vas-tu lui donner un biberon avant ?"
Toutes ses questions commencent à me tomber royalement sur les nerfs! et, me sentant bombardée, je ne sais que dire, ne pouvant prendre de décisions sur le champ. Il vient de me rendre indécise.
Impatient, il part avec Will. Il va rejoindre mon père.
Honteuse, je me jette dans la nourriture, pour me réconforter.
Plus tard, mon père s'amène doucement :
- Lui donnes-tu un biberon avant de le faire manger ?
- Ok... Est-ce qu'il y a du lait à la cuisine ?
- Je ne sais pas.
- Je vais aller voir.
Je vais voir à la cuisine. Rien. Je demande alors à une de mes tantes; il y en a deux pintes dans le frigidaire.
Je retourne à ma table pour finir mon assiette, comme si de rien n'était.
Mon père revient :
- Est-ce qu'il y a du lait ?
- Oui...
- Vas-tu chercher son biberon ?
- Ok...
C'est bizarre : il faut tout me dire, ce soir-là. C'est comme si je suis trop stimulée par tout ce bruit, toutes ces personnes et que je n'arrive pas à faire ce qu'il faut faire.
Je reviens à ma table avec le biberon.
Mon père se pointe de nouveau :
- Je n'ai pas vu de lait.
- As-tu regardé dans le frigidaire ? Il paraît qu'il y en a deux pintes.
- Non... Ok, j'y retourne.
- Ok.
Il va remplir le biberon de lait et je finis de manger.
Je me sens de plus en plus mal-à-l'aise : s'il faut que tous ces gens aient remarqué mon comportement, ils vont bien penser que je suis une mauvaise mère ! J'ai juste envie de rentrer dans le plancher !
J'entends alors la voix de Michel, dans mon dos :
- Es-tu allé chercher une assiette pour Will ?
- Ben non ! Je pensais que tu avais décidé de t'en charger, finalement !!!
- Je vais y aller, d'abord !!!
Je peux voir la fumée sortir de ses oreilles. Je me détourne, les larmes aux yeux. Ce qu'il peut m'énerver, lui !!! On dirait qu'il a encore mangé de la vache enragée, aujourd'hui !!! Quelle belle soirée ! Wow !
Trop tôt à mon goût, il me lance :
- As-tu apporté des bavettes ?!
Je regarde derrière moi et je le vois, assis à côté de mon père, en train de nourrir Will.
- Non...
J'ai d'autant plus honte que mon père est témoin de tous mes oublis... lui, homme de tête, de droiture, rationnel et scientifique.
Pourquoi j'oublie autant de choses, aussi ??? C'est décourageant, à la fin !!! Mais où donc ai-je la tête ?!!
Dans l'auto, Michel me demande :
- As-tu amené les souliers du petit ?"
- Euh... non...
- ... (air de mécontentement)
- De toute façon, ils sont trop petits.
- Trop petits ! Me semble, ouin...
Il faut bien que je trouve une excuse à ce geste honteux ! Mes parents ne disent rien, en fins diplomates qu'ils sont. On ne reparle pas de ça de tout le trajet et le voyage s'avère, somme toute, assez agréable.
On arrive enfin à la soirée. 4h de route dans le corps, c'est long ! On fait les salutations d'usage, on se déshabille et on se mêle à la foule ! Au menu, un buffet.
Au moment de souper, mon chum me lance :
- Vas-tu aller chercher de la bouffe pour Willi ?
- Ok !
Je me dirige vers le buffet avec mon assiette et je me place dans la file d'attente. Le cuisinier me demande quelle cuisson je veux pour ma viande. L'eau me dégouline à la bouche. J'ai faim ! Je n'ai qu'une idée en tête : manger ! Je me sers de la salade, une patate au four, des légumes, toute éblouie par cette nourriture.
Je retourne à ma table.
Mon chum s'amène et m'assomme d'un :
- T'as pas pris une assiette pour Will ?
- Ben je pensais le servir à partir de mon assiette !
Il soupire de découragement, et continue :
"Vas-tu lui donner un biberon avant ?"
Toutes ses questions commencent à me tomber royalement sur les nerfs! et, me sentant bombardée, je ne sais que dire, ne pouvant prendre de décisions sur le champ. Il vient de me rendre indécise.
Impatient, il part avec Will. Il va rejoindre mon père.
Honteuse, je me jette dans la nourriture, pour me réconforter.
Plus tard, mon père s'amène doucement :
- Lui donnes-tu un biberon avant de le faire manger ?
- Ok... Est-ce qu'il y a du lait à la cuisine ?
- Je ne sais pas.
- Je vais aller voir.
Je vais voir à la cuisine. Rien. Je demande alors à une de mes tantes; il y en a deux pintes dans le frigidaire.
Je retourne à ma table pour finir mon assiette, comme si de rien n'était.
Mon père revient :
- Est-ce qu'il y a du lait ?
- Oui...
- Vas-tu chercher son biberon ?
- Ok...
C'est bizarre : il faut tout me dire, ce soir-là. C'est comme si je suis trop stimulée par tout ce bruit, toutes ces personnes et que je n'arrive pas à faire ce qu'il faut faire.
Je reviens à ma table avec le biberon.
Mon père se pointe de nouveau :
- Je n'ai pas vu de lait.
- As-tu regardé dans le frigidaire ? Il paraît qu'il y en a deux pintes.
- Non... Ok, j'y retourne.
- Ok.
Il va remplir le biberon de lait et je finis de manger.
Je me sens de plus en plus mal-à-l'aise : s'il faut que tous ces gens aient remarqué mon comportement, ils vont bien penser que je suis une mauvaise mère ! J'ai juste envie de rentrer dans le plancher !
J'entends alors la voix de Michel, dans mon dos :
- Es-tu allé chercher une assiette pour Will ?
- Ben non ! Je pensais que tu avais décidé de t'en charger, finalement !!!
- Je vais y aller, d'abord !!!
Je peux voir la fumée sortir de ses oreilles. Je me détourne, les larmes aux yeux. Ce qu'il peut m'énerver, lui !!! On dirait qu'il a encore mangé de la vache enragée, aujourd'hui !!! Quelle belle soirée ! Wow !
Trop tôt à mon goût, il me lance :
- As-tu apporté des bavettes ?!
Je regarde derrière moi et je le vois, assis à côté de mon père, en train de nourrir Will.
- Non...
J'ai d'autant plus honte que mon père est témoin de tous mes oublis... lui, homme de tête, de droiture, rationnel et scientifique.
Pourquoi j'oublie autant de choses, aussi ??? C'est décourageant, à la fin !!! Mais où donc ai-je la tête ?!!
mercredi 24 décembre 2008
Connexion
L'autre jour, mon chum (qu'on va appeler Michel) m'a lancé, tout bonnement :
- On pourrait inviter Carl et Josée (noms fictifs) à souper, demain soir ?
Carl et Josée. Deux personnes avec qui le courant ne passe pas, avec qui je ne sens AUCUNE connexion. Connec...quoi, vous vous dites ? Vous savez, ce bien-être qui fait qu'on peut se laisser aller sans retenue avec quelqu'un? Qui fait qu'on a l'impression de connaître l'autre depuis toujours, qu'on peut tout lui dire sans avoir peur de son jugement ?
Eh bien, avec eux, je ne me sens pas comme ça, justement. Je ne me sens pas appréciée. À chaque fois que je parle avec Carl et Josée, un silence plane, pesant. Ils se lancent même un regard lourd de sens. Je ne sais pas pourquoi, on dirait que je suis la seule à ne pas savoir ce qu'il veut dire, mais je SENS que ça veut dire quelque chose, et quelque chose de pas flatteur, en plus.
J'ai beau les relancer avec d'autres questions, ils se font très brefs dans leurs réponses. Pas d'étalement, non. Pas d'élaboration, non plus. Pas de grandes déclarations, encore moins. Seulement le strict minimum. Pourtant, je suis une personne intéressante ! Je suis capable de comprendre et de répondre, et assez vite, à part de ça ! Mais non, avec eux, je ne peux pas espérer d'emballement d'aucune sorte. Lorsqu'ils parlent, ils ne me regardent pas, ils sautent par-dessus moi, comme si je n'étais pas là, comme si je n'existais pas. Ils sautent par-dessus moi pour regarder les autres.
Comment expliquer tout ça à Michel ? À chaque fois que j'ose dire tout ça, on me répond :
- Tu paranoïes !
- Ne t'en fais pas avec ça !
- Tu es trop sensible !
- Tu dois te tromper !
Non, je ne me trompe pas. Non, je ne paranoïe pas. À chaque fois que je vérifie mes doutes, je constate que j'ai raison : entre eux et moi, ça ne "clique" pas. Oui, je m'en fais avec ça, peut-être parce que je suis trop sensible. C'est d'ailleurs connu que les attentionnels sont des êtres extrêmement sensibles, à tel point qu'on aurait un 6e sens. En effet, on aurait une intuition fantastique qui nous permettrait de sentir des choses que la plupart ne sentent pas. On base d'ailleurs beaucoup nos décisions sur cette fameuse intuition.
J'envoie donc à mon chum :
- Bof... c'est trop fatiguant... On pourrait aller au resto avec eux, à la place ?
Mine renfrognée en guise de réponse.
Le lendemain, j'ai droit à la baboune du siècle. Je fléchis et je lance (tout plutôt que de lui avouer mes pensées!) :
- Ok ! Tu peux les inviter à souper !
Après les avoir appelé, il raccroche en disant :
- Ils ne viendront pas, finalement. Je vais aller prendre un verre seul avec Carl.
- Comment, ça, seul ? Je ne viendrai pas ?
- Ça l'air à ça.
Une fois de plus, j'avais raison !
- On pourrait inviter Carl et Josée (noms fictifs) à souper, demain soir ?
Carl et Josée. Deux personnes avec qui le courant ne passe pas, avec qui je ne sens AUCUNE connexion. Connec...quoi, vous vous dites ? Vous savez, ce bien-être qui fait qu'on peut se laisser aller sans retenue avec quelqu'un? Qui fait qu'on a l'impression de connaître l'autre depuis toujours, qu'on peut tout lui dire sans avoir peur de son jugement ?
Eh bien, avec eux, je ne me sens pas comme ça, justement. Je ne me sens pas appréciée. À chaque fois que je parle avec Carl et Josée, un silence plane, pesant. Ils se lancent même un regard lourd de sens. Je ne sais pas pourquoi, on dirait que je suis la seule à ne pas savoir ce qu'il veut dire, mais je SENS que ça veut dire quelque chose, et quelque chose de pas flatteur, en plus.
J'ai beau les relancer avec d'autres questions, ils se font très brefs dans leurs réponses. Pas d'étalement, non. Pas d'élaboration, non plus. Pas de grandes déclarations, encore moins. Seulement le strict minimum. Pourtant, je suis une personne intéressante ! Je suis capable de comprendre et de répondre, et assez vite, à part de ça ! Mais non, avec eux, je ne peux pas espérer d'emballement d'aucune sorte. Lorsqu'ils parlent, ils ne me regardent pas, ils sautent par-dessus moi, comme si je n'étais pas là, comme si je n'existais pas. Ils sautent par-dessus moi pour regarder les autres.
Comment expliquer tout ça à Michel ? À chaque fois que j'ose dire tout ça, on me répond :
- Tu paranoïes !
- Ne t'en fais pas avec ça !
- Tu es trop sensible !
- Tu dois te tromper !
Non, je ne me trompe pas. Non, je ne paranoïe pas. À chaque fois que je vérifie mes doutes, je constate que j'ai raison : entre eux et moi, ça ne "clique" pas. Oui, je m'en fais avec ça, peut-être parce que je suis trop sensible. C'est d'ailleurs connu que les attentionnels sont des êtres extrêmement sensibles, à tel point qu'on aurait un 6e sens. En effet, on aurait une intuition fantastique qui nous permettrait de sentir des choses que la plupart ne sentent pas. On base d'ailleurs beaucoup nos décisions sur cette fameuse intuition.
J'envoie donc à mon chum :
- Bof... c'est trop fatiguant... On pourrait aller au resto avec eux, à la place ?
Mine renfrognée en guise de réponse.
Le lendemain, j'ai droit à la baboune du siècle. Je fléchis et je lance (tout plutôt que de lui avouer mes pensées!) :
- Ok ! Tu peux les inviter à souper !
Après les avoir appelé, il raccroche en disant :
- Ils ne viendront pas, finalement. Je vais aller prendre un verre seul avec Carl.
- Comment, ça, seul ? Je ne viendrai pas ?
- Ça l'air à ça.
Une fois de plus, j'avais raison !
dimanche 14 décembre 2008
Mauvaise mère
À cause de mon impulsivité et de ma distraction, je suis sûrement vue comme une mauvaise mère... Je m'explique.
Jeudi dernier, je décide d'aller faire des emplettes avec mon fils. Pas question que je reste enfermée toute la journée, surtout avec un bébé ! Ayant des mitaines qui ne tiennent pas, il ne peut sortir dehors et comme ça ne me tente pas de passer l'hiver en dedans, je me mets en tête de lui en acheter au plus vite. Je me presse de l'habiller avant de l'engouffrer dans la voiture et de décoller, direction, centre commercial.
Dans le stationnement du centre d'achat, je m'arrange pour lui remettre ses mitaines dans la poussette, qu'il avait évidemment enlevées dans l'auto. Comme elles tiennent tant bien que mal, je me dépêche de les lui remettre avant de filer comme l'éclair vers la porte d'entrée, espérant qu'il ne les perde pas en cours de route et que je ne me fasse pas regarder de travers par les gens. Rendue à l'intérieur, je lui enlève ses pelures avant de me diriger vers l'ascenseur, où de charmantes dames s'y trouvent déjà. Aussitôt qu'elles voient Will, elles s'exclament :
"Oh, le beau bébé ! Il est blond, à part ça ! ... Ah, il a les bottes à l'envers !"
Je me penche pour regarder ses bottes... Je trouve qu'elles sont correctes alors je regarde les deux dames, perplexe. Elles répètent :
"Oui, oui, elles sont à l'envers, regardez !"
Non mais de quoi elles se mêlent, celles-là ! Je me penche à nouveau pour regarder attentivement... et oui, les bottes de mon fils sont bel et bien à l'envers ! Je me contente de leur répondre :
"Ça se peut !"
Je sors de l'ascenceur en trombe, entendant les rires des deux commères dans mon dos.
Comme je suis étourdie ! Comme elles doivent me trouver bizarre ! Je ne suis quand même pas pour me promener dans le centre d'achat comme ça ! Le monde va penser que mon fils est un cas de DPJ !
Ça me fait penser à cet après-midi, très mémorable, où il faut absolument que je photocopie des feuilles sur les métiers et professions. Ne voulant pas trop abuser de la gentillesse légendaire de ma mère pour faire garder le petit, je décide de l'emmener avec moi. Une fois dans le stationnement, je me dis :
"Je ne suis quand même pas pour entrer à la bibli avec lui ! Je ne serai jamais capable de photocopier mes maudites feuilles ! Et si je le mets par terre, il va faire du grabuge, c'est certain ! Et les employées ont autre chose à faire que de le garder ! Après tout, elles ne sont pas là pour ça !"
C'est, encore une fois, si pressant, si urgent de faire mes photocopies, que ça passe avant tout le reste. Impulsivement, je laisse mon bébé dans l'auto, me disant que ça ne me prendra que 5 minutes et qu'il est habillé chaudement.
Je vais donc faire mes photocopies, traînant de la patte, comme toujours. Voyant l'heure filer sur l'horloge, je range le tout en vitesse et me dirige rapidement vers ma voiture, me sentant légèrement coupable.
Quelle n'est pas ma surprise de voir un troupeau de femmes autour de l'auto, souriant à mon Willi !
"C'est votre bébé ?
- Oui...
- On a appelé la police.
- !!!
- Car d'habitude, ça ne se fait pas."
Je les fixe, abasourdie, et mal à l'aise, je rentre aussitôt dans mon véhicule. Le malaise vient vite cotoyer la colère et j'enfonce alors l'accélérateur. Comment osent-elles insinuer que... ! Mais pour qui se prennent-elles ! Je n'aurais jamais, au grand jamais, laisser mon bébé là une demi-heure ou plus ! Je ne l'ai laissé que 5 minutes, après tout ! Il y a toujours des limites à paranoyer !
Légère auparavant, ma culpabilité est maintenant décuplée. C'est vrai : comme je suis une mauvaise mère ! Comme je n'ai pas d'allure ! Je suis un cas de DPJ, c'est sûr. Emmenez-moi les menottes aux poings, quelqu'un, je suis un monstre ! Tout ça à cause de ma maudite impulsivité !

http://www.boosterblog.com/
Jeudi dernier, je décide d'aller faire des emplettes avec mon fils. Pas question que je reste enfermée toute la journée, surtout avec un bébé ! Ayant des mitaines qui ne tiennent pas, il ne peut sortir dehors et comme ça ne me tente pas de passer l'hiver en dedans, je me mets en tête de lui en acheter au plus vite. Je me presse de l'habiller avant de l'engouffrer dans la voiture et de décoller, direction, centre commercial.
Dans le stationnement du centre d'achat, je m'arrange pour lui remettre ses mitaines dans la poussette, qu'il avait évidemment enlevées dans l'auto. Comme elles tiennent tant bien que mal, je me dépêche de les lui remettre avant de filer comme l'éclair vers la porte d'entrée, espérant qu'il ne les perde pas en cours de route et que je ne me fasse pas regarder de travers par les gens. Rendue à l'intérieur, je lui enlève ses pelures avant de me diriger vers l'ascenseur, où de charmantes dames s'y trouvent déjà. Aussitôt qu'elles voient Will, elles s'exclament :
"Oh, le beau bébé ! Il est blond, à part ça ! ... Ah, il a les bottes à l'envers !"
Je me penche pour regarder ses bottes... Je trouve qu'elles sont correctes alors je regarde les deux dames, perplexe. Elles répètent :
"Oui, oui, elles sont à l'envers, regardez !"
Non mais de quoi elles se mêlent, celles-là ! Je me penche à nouveau pour regarder attentivement... et oui, les bottes de mon fils sont bel et bien à l'envers ! Je me contente de leur répondre :
"Ça se peut !"
Je sors de l'ascenceur en trombe, entendant les rires des deux commères dans mon dos.
Comme je suis étourdie ! Comme elles doivent me trouver bizarre ! Je ne suis quand même pas pour me promener dans le centre d'achat comme ça ! Le monde va penser que mon fils est un cas de DPJ !
Ça me fait penser à cet après-midi, très mémorable, où il faut absolument que je photocopie des feuilles sur les métiers et professions. Ne voulant pas trop abuser de la gentillesse légendaire de ma mère pour faire garder le petit, je décide de l'emmener avec moi. Une fois dans le stationnement, je me dis :
"Je ne suis quand même pas pour entrer à la bibli avec lui ! Je ne serai jamais capable de photocopier mes maudites feuilles ! Et si je le mets par terre, il va faire du grabuge, c'est certain ! Et les employées ont autre chose à faire que de le garder ! Après tout, elles ne sont pas là pour ça !"
C'est, encore une fois, si pressant, si urgent de faire mes photocopies, que ça passe avant tout le reste. Impulsivement, je laisse mon bébé dans l'auto, me disant que ça ne me prendra que 5 minutes et qu'il est habillé chaudement.
Je vais donc faire mes photocopies, traînant de la patte, comme toujours. Voyant l'heure filer sur l'horloge, je range le tout en vitesse et me dirige rapidement vers ma voiture, me sentant légèrement coupable.
Quelle n'est pas ma surprise de voir un troupeau de femmes autour de l'auto, souriant à mon Willi !
"C'est votre bébé ?
- Oui...
- On a appelé la police.
- !!!
- Car d'habitude, ça ne se fait pas."
Je les fixe, abasourdie, et mal à l'aise, je rentre aussitôt dans mon véhicule. Le malaise vient vite cotoyer la colère et j'enfonce alors l'accélérateur. Comment osent-elles insinuer que... ! Mais pour qui se prennent-elles ! Je n'aurais jamais, au grand jamais, laisser mon bébé là une demi-heure ou plus ! Je ne l'ai laissé que 5 minutes, après tout ! Il y a toujours des limites à paranoyer !
Légère auparavant, ma culpabilité est maintenant décuplée. C'est vrai : comme je suis une mauvaise mère ! Comme je n'ai pas d'allure ! Je suis un cas de DPJ, c'est sûr. Emmenez-moi les menottes aux poings, quelqu'un, je suis un monstre ! Tout ça à cause de ma maudite impulsivité !

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dimanche 7 décembre 2008
Une attentionnelle au travail
Je n'ai qu'une envie : avoir une job normale. Être comme tout le monde, rentrer dans le moule. Pourquoi est-ce si dur pour moi ? Je le sais, c'est à cause de ce foutu déficit de l'attention. Non, ce n'est pas une excuse ! C'est vraiment à cause de ça. Il m'empêche de me concentrer sur une seule chose, de terminer mes projets, de garder les yeux sur un seul objectif. Un jour, je veux être auteure et l'autre d'après, commis comptable. Le jour d'après ? Prof. Le surlendemain ? Journaliste. Ah et puis pourquoi pas politicienne ? Je n'arrive pas à me brancher. C'est gossant, à la fin ! Je sens que je vais bientôt perdre la carte, le nord, le nord de la carte, la carte du nord. Je ne sais pas ce qui m'anime, je ne connais pas mes intérêts. Oui, je les connais mais ils sont trop nombreux. Je n'ai pas assez de mes dix doigts pour les compter... Ouais, ça part bien pour une commis comptable !
À cause du TDAH, je suis incapable de garder une job. Je dois relire 3-4 fois le même paragraphe, je ne vois pas les détails, tous les papiers se mêlent sur mon bureau, je commence de travailler avant d'avoir reçu les consignes. Les employeurs ont l'air de penser que je travaille mal, par mauvaise volonté. Pourtant, non, rien n'est plus faux ! Dans mon dernier emploi, où j'étais correctrice au gouvernement, je faisais tout mon possible pour qu'on me garde... Je me référais souvent au guide de correction, je revérifiais mon travail, j'arrivais à l'heure, je demandais des explications... rien à faire ! Je décevais... encore et toujours. Selon mes boss, je ne connaissais pas ma grammaire ni ma syntaxe, je jugeais mal les textes des élèves, je manquais d'organisation, je n'allais pas assez vite, etc. Tous ces commentaires m'ont tellement blessée et découragée, surtout que je donnais tout ce que j'avais ! Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait, d'autant plus que j'ai toujours été bonne en français. Quand j'ai eu le verdict final, c'est comme si je recevais un coup de massue :
"Le rendement de Mme X est insatisfaisant donc, son retour n'est pas souhaitable."
Wow ! Ça et se faire passer dessus par un bulldozer, c'est la même chose !
Je me suis alors vraiment posée des questions sur moi-même. Je me demandais ce qui clochait avec moi, surtout qu'on me disait intelligente. En naviguant sur le net, je suis tombée sur un article sur le TDAH. En lisant la description, j'en ai eu le souffle coupé. C'était moi, enfant ! Je me suis demandée si l'on pouvait en garder les symptômes, une fois adulte. En faisant des recherches, j'ai appris que oui. En fait, 70% des enfants gardent des traces du "déficit" toute leur vie. C'était donc ça, mon problème ! J'avais le TDAH ! C'est comme si on venait de m'enlever une tonne de briques des épaules ! J'ai aussi découvert, avec stupéfaction, que le TDAH était également un cadeau qui, lorsque bien utilisé, pouvait apporter plein de belles choses !
En effet, un attentionnel ne cadre pas dans le monde du travail, celui-ci demandant vitesse, concentration, souci du détail, organisation, respect des règles. Oh ! Il peut toujours prendre des médicaments ! Ainsi, il pourra "cadrer" dans le moule de la société ! Mais comme j'ai toujours été anti-médicaments, je préfère une autre solution. Celle qui consiste à miser sur mon "cadeau" (voir premier message). Car un attentionnel peut très bien réussir comme entrepreneur ! Les bonnes idées, l'esprit visionnaire, l'énorme créativité et le goût du risque de l'attentionnel vont à merveille à l'homme d'affaires ! C'est peut-être pour ça que mon expérience de salariée a viré au cauchemar...
Ce qui n'aide rien, c'est que je suis artiste. Non, je ne peux nier cette partie-là qui me colle à la peau et qui me suit partout, comme un chien de poche, une tare, une mouche à m... Je ne peux ignorer les idées de textes qui me viennent à l'esprit, mon penchant pour le théâtre, l'écriture, le cinéma, les livres, le chant. Mon test d'orientation m'a confirmé ce que je craignais : je suis une artiste finie ! Idéaliste, en plus ! Une artiste idéaliste avec le TDAH, yeah, comme c'est bienvenue dans le monde du travail ! Comme on peut beurrer son pain avec ça, nourrir sa famille, avoir l'auto de l'année, la grosse maison avec grand terrain ! Parce que toutes ces choses-là, j'aimerais les avoir. Tant pis pour ceux que ça choque ! Oui, je veux changer le monde. Oui, j'aime m'exprimer par l'art. Oui, je suis flyée sur les bords. Oui, j'aime mon indépendance. Mais non, je ne veux pas être pauvre pour autant.
Je sais : alors que certains rêvent de quitter leur prison dorée pour partir avec leur sac à dos, moi je rêve de quitter ma vie de bohème pour m'emprisonner. Alors que beaucoup ne veulent que retourner devant le fourneau et prendre la plume, moi, je veux troquer plume et fourneau contre attaché-case et tenue de bureau. Alors que des carriéristes songent aux petits plats fumants et à la famille autour de la table, moi je ne pense qu'à suivre le troupeau de travailleurs, le matin.
Mais je dois l'admettre : je ne suis pas faite pour ça.
À cause du TDAH, je suis incapable de garder une job. Je dois relire 3-4 fois le même paragraphe, je ne vois pas les détails, tous les papiers se mêlent sur mon bureau, je commence de travailler avant d'avoir reçu les consignes. Les employeurs ont l'air de penser que je travaille mal, par mauvaise volonté. Pourtant, non, rien n'est plus faux ! Dans mon dernier emploi, où j'étais correctrice au gouvernement, je faisais tout mon possible pour qu'on me garde... Je me référais souvent au guide de correction, je revérifiais mon travail, j'arrivais à l'heure, je demandais des explications... rien à faire ! Je décevais... encore et toujours. Selon mes boss, je ne connaissais pas ma grammaire ni ma syntaxe, je jugeais mal les textes des élèves, je manquais d'organisation, je n'allais pas assez vite, etc. Tous ces commentaires m'ont tellement blessée et découragée, surtout que je donnais tout ce que j'avais ! Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait, d'autant plus que j'ai toujours été bonne en français. Quand j'ai eu le verdict final, c'est comme si je recevais un coup de massue :
"Le rendement de Mme X est insatisfaisant donc, son retour n'est pas souhaitable."
Wow ! Ça et se faire passer dessus par un bulldozer, c'est la même chose !
Je me suis alors vraiment posée des questions sur moi-même. Je me demandais ce qui clochait avec moi, surtout qu'on me disait intelligente. En naviguant sur le net, je suis tombée sur un article sur le TDAH. En lisant la description, j'en ai eu le souffle coupé. C'était moi, enfant ! Je me suis demandée si l'on pouvait en garder les symptômes, une fois adulte. En faisant des recherches, j'ai appris que oui. En fait, 70% des enfants gardent des traces du "déficit" toute leur vie. C'était donc ça, mon problème ! J'avais le TDAH ! C'est comme si on venait de m'enlever une tonne de briques des épaules ! J'ai aussi découvert, avec stupéfaction, que le TDAH était également un cadeau qui, lorsque bien utilisé, pouvait apporter plein de belles choses !
En effet, un attentionnel ne cadre pas dans le monde du travail, celui-ci demandant vitesse, concentration, souci du détail, organisation, respect des règles. Oh ! Il peut toujours prendre des médicaments ! Ainsi, il pourra "cadrer" dans le moule de la société ! Mais comme j'ai toujours été anti-médicaments, je préfère une autre solution. Celle qui consiste à miser sur mon "cadeau" (voir premier message). Car un attentionnel peut très bien réussir comme entrepreneur ! Les bonnes idées, l'esprit visionnaire, l'énorme créativité et le goût du risque de l'attentionnel vont à merveille à l'homme d'affaires ! C'est peut-être pour ça que mon expérience de salariée a viré au cauchemar...
Ce qui n'aide rien, c'est que je suis artiste. Non, je ne peux nier cette partie-là qui me colle à la peau et qui me suit partout, comme un chien de poche, une tare, une mouche à m... Je ne peux ignorer les idées de textes qui me viennent à l'esprit, mon penchant pour le théâtre, l'écriture, le cinéma, les livres, le chant. Mon test d'orientation m'a confirmé ce que je craignais : je suis une artiste finie ! Idéaliste, en plus ! Une artiste idéaliste avec le TDAH, yeah, comme c'est bienvenue dans le monde du travail ! Comme on peut beurrer son pain avec ça, nourrir sa famille, avoir l'auto de l'année, la grosse maison avec grand terrain ! Parce que toutes ces choses-là, j'aimerais les avoir. Tant pis pour ceux que ça choque ! Oui, je veux changer le monde. Oui, j'aime m'exprimer par l'art. Oui, je suis flyée sur les bords. Oui, j'aime mon indépendance. Mais non, je ne veux pas être pauvre pour autant.
Je sais : alors que certains rêvent de quitter leur prison dorée pour partir avec leur sac à dos, moi je rêve de quitter ma vie de bohème pour m'emprisonner. Alors que beaucoup ne veulent que retourner devant le fourneau et prendre la plume, moi, je veux troquer plume et fourneau contre attaché-case et tenue de bureau. Alors que des carriéristes songent aux petits plats fumants et à la famille autour de la table, moi je ne pense qu'à suivre le troupeau de travailleurs, le matin.
Mais je dois l'admettre : je ne suis pas faite pour ça.
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